VIII - Les éditos - No al horror





Les mains sales

L'Europe, solidaire et fraternelle, autour de la soeur espagnole, a décidé immédiatement que le 11 mars serait «journée européenne à la mémoire et en souvenir des victimes du terrorisme»

La barbarie terroriste a encore frappé.
Et cette fois-ci, chez notre voisin, à quelques heures de la frontière, au coeur de Madrid, en Europe. Chez nous, Européens. Dans notre espace démocratique, dans un pays qui s'apprêtait à aller voter.
Mais le terrorisme, précisément, refuse le scrutin, l'expression populaire et la démocratie. Sa folie arrogante et nihiliste se moque des institutions, des majorités d'opinion, de la vie des innocents.
Près de 200 morts, plus de 1.000 blessés, des images de chaos, d'angoisse, des corps mutilés, des regards hébétés, des cris de souffrance et de révolte: le terrorisme barbare a, une nouvelle fois envahi nos écrans.
Il y avait eu le 11 septembre et l'Amérique.
Il y a le 11 mars et l'Europe.
Une Europe solidaire et fraternelle autour de la soeur espagnole.
Une Europe qui a décidé immédiatement et opportunément que le 11 mars et non pas le 11 septembre comme initialement évoqué serait «journée européenne à la mémoire et en souvenir des victimes du terrorisme» .
Sinistre journée certes, mais qui manifeste tout à la fois la solidarité européenne et le sursaut face à cette pieuvre immonde. Car il ne faut pas s'y tromper, à travers les attentats du 11 septembre comme du 11 mars, le terrorisme vise ce que nous sommes, notre essence même de pays démocratiques, nos valeurs, nos idéaux, notre quotidien d'hommes sinon tout à fait heureux, au moins d'hommes debout.
Que les auteurs de ces deux gigantesques attentats soient différents, que d'un côté ils soient signés Al-Qaïda à New York et Washington ou, qu'à Madrid, les soupçons se dirigent vers l'ETA, ne change pas la nature de la guerre déclarée à nos modèles de civilisation.
Que ces modèles ne soient pas parfaits -et souvent loin de là- ne saurait constituer le moindre début d'alibi à cette nouvelle barbarie.
Il n'y a aucune excuse à ces carnages car on ne peut excuser les monstres qui, en les accomplissant, renoncent à leur dernière parcelle d'humanité.
Aucune injustice, aucune pauvreté, aucune révolte, aucune croisade ne peut justifier la mort programmée et massive d'innocents.
Les horribles attentats de Madrid viennent nous le rappeler.
Car, malheureusement, ne l'avions-nous pas un peu oublié depuis le 11 septembre ?
Ne trouvions-nous pas dans nos sociétés européennes, ces derniers temps, quelques bonnes âmes pour trouver des excuses à ces kamikazes qui sèment la mort dans les bus de Jérusalem ou les restaurants de Tel Aviv ?
Le drame de Madrid vient nous rappeler qu'il n'y a pas de bons ou de mauvais innocents.
Mais des innocents d'un côté. Des barbares de l'autre.
Et que, si tous les innocents ne sont pas exempts de reproches et n'ont pas la conscience toujours propre, tous les terroristes, eux, ont les mains sales.

Edito Charente Libre Jacques GUYON

Musique Falando



Hier je me sentais un peu espagnol par mes grands-parents maternels
Aujourd'hui je SUIS un MADRILENE
Jean-Claude Castagna





Date de création : 28/04/2004 @ 21:29
Dernière modification : 28/04/2004 @ 21:29
Catégorie : VIII - Les éditos


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